Images : France Télévisions

Damien Joly conclut en beauté cette semaine de natation olympique mi-figue mi-goyave pour l’équipe de France avec un nouveau record national et une participation à la finale du 1500m NL. Retour également sur les autres finales de cette dernière nuit de compétition. 

Pour l’équipe de France, la semaine avait commencé par une belle surprise avec la qualification de Jordan Pothain en finale du 400m NL ; elle s’est conclue de la plus belle des manières grâce à Damien Joly, qui en améliorant son temps de référence sur 1500m NL de plus de sept secondes (14.48.90) a mis une claque au record de France de Sébastien Rouault qui tenait depuis 2010 (14.55.17).

Passé pour la première fois sous la barrière symbolique des 15 minutes l’an dernier aux championnats du monde à Kazan, l’élève de Franck Esposito avait porté son record à 14.56.13 à la fin de l’année 2015 à Riccione à l’occasion des championnats d’Italie open aux côtés des cadors mondiaux de la discipline. Il avait par deux fois réussi à nager de nouveau sous les 15 minutes en 2016, notamment à l’occasion des derniers championnats de France à Montpellier. En portant son record largement sous les 14 minutes 50 secondes ici à Rio, Joly a franchi un nouveau cap, qui le place désormais dans la catégorie des nageurs de très haut niveau mondial sur la distance.

Alors qu’il nageait le coeur de son 1500m en environ une minute et quelques dixièmes de moyenne par 100m il y a encore quelques mois, l’Antibois est aujourd’hui capable de nager l’ensemble de son parcours sous la minute (voir tableau ci-contre). A Rio en séries, on constate qu’il a constamment grapillé sur ses temps de passage de référence, preuve d’une progression globale significative.

En finale, Joly n’a pas amélioré son chrono, mais il a démontré que son coup d’éclat de la veille n’était pas un exploit d’un jour. A bonne distance du champion olympique Gregorio Paltrinieri (14.34.57) longtemps sur les bases du record du monde et de la lutte pour le podium, il signe le deuxième temps de sa carrière (14.52.73) dans une configuration de course en solitaire moins propice à la performance. Sa progression n’est sans doute pas achevée et l’on a hâte de voir jusqu’où il sera capable de la pousser.


50m NL dames

 

 

Pernille Blume (Danemark)

La finale du 50m nage libre dames s’annonçait indécise. En toute logique, la favorite aurait dû être Cate Campbell, auteur d’un retentissant 23.84 au mois d’avril, tout proche du record du monde de l’Allemande Britta Steffen, datant de l’époque des combinaisons en polyuréthane. Mais son échec en finale du 100m incitait à la prudence. La championne olympique en titre, Ranomi Kromowidjojo, rapide sur la distance à Londres en mai, pouvait-elle profiter de la méforme de l’Australienne ? Ou encore la Britannique Francesca Halsall, pure spécialiste de l’aller simple ? À moins que Simone Manuel, en confiance après sa co-victoire sur 100m, ne parvienne à réaliser le doublé.

Simone Manuel (États-Unis), Pernille Blume (Danemark) et Aleksandra Herasimenia (Biélorussie)

Au terme d’une course particulièrement serrée, c’est finalement Pernille Blume qui touche en tête, en 24.07, unpeu à la suprise générale – y compris la sienne à en croire les images. Il est vrai que la Danoise avait déjà réalisé le meilleur temps des séries (24.23) puis des demis-finales (24.27). Mais arrivée à Rio avec un record personnel de 24.47, on ne l’imaginait pas capable de gagner encore les centièmes nécessaires pour jouer le titre, ce qu’elle a pourtant parfaitement su faire. Derrière elle, l’argent revient à Simone Manuel (24.09) et le bronze à la Biélorusse Aleksandra Herasimenia (24.11). Le sort est cruel pour Francesca Halsall, qui termine à deux centièmes du podium (24.13), quatre ans après sa cinquième place aux Jeux de Londres. Suivent Cate Campbell (24.15) et Ranomi Kromowidjojo (24.19), soit six nageuses en 12 centièmes !

Pas de Française en finale puisqu’Anna Santamans avait pris la veille la 21e place des séries en 24.93. Une déception pour la multiple championne de France de la discipline qui avait réalisé une très bonne saison, s’approchant à 1 petit centième du record de France de Malia Metella en mars (24.59).

 

Relais 4x100m 4N dames

 

Succès logique de l’équipe américaine (Kathleen Baker, Lilly King, Dana Vollmer et Simone Manuel) compte tenu de l’état de forme affiché toute la semaine. Dana Vollmer réalise le meilleur parcours de papillon (56.00) et Simone Manuel le second en nage libre (52.43). Derrière les américaines, l’Australie parvient à arracher pour un centième l’argent au Danemark, notamment grâce aux performances d’Emily Seebohm en dos (58.83) et Cate Campbell en nage libre (52.17), plus inspirées que durant leurs courses individuelles. Légère déception pour le Canada, attendu sur le podium et qui finit 5e derrière la Chine malgré la prise de risque maximale de Penny Oleksiak sur sa prise de relais (-0.01, à 2 centièmes de la disqualification). À noter enfin les 1.04.98 lancés de Yulia Efimova pour la Russie, largement le meilleur temps sur le parcours de brasse.

Côté français, l’équipe composée de Beryl Gastaldello, Fanny Deberghes, Marie Wattel et Charlotte Bonnet a malheureusement été disqualifiée en série après un départ anticipé de la papillonneuse Marie Wattel. La performance chronométrique des Bleues ne leur aurait dans tous les cas pas permis d’accéder à la finale. On savait la tâche délicate pour le jeune relais français, qui devrait continuer à progresser dans les années à venir.

 

 

Relais 4x100m 4N messieurs

 

La finale du 4x100m 4 nages messieurs conclut traditionnellement le programme des grandes compétitions internationales. Comme prévu, le titre est revenu au collectif américain, intouchable, même si l’hallucinant parcours de brasse d’Adam Peaty (56.59 lancé, 0.24) a un instant donné l’illusion que la Grande-Bretagne pourrait déjouer les pronostics.

Les Etats-Unis ont démarré la course de manière idéale, avec un nouveau record du monde du 100m dos signé Ryan Murphy (51.85). En brasse Cody Miller (59.05) a tenu son rang, même si comme tous les autres brasseurs en piste il a souffert de la comparaison visuelle avec Peaty qui transmettait le relais en tête pour la Grande-Bretagne. En papillon, Michael Phelps s’est montré plus convaincant que la veille lors de la course individuelle, avalant son parcours en 50.33 (prise de relais 0.36), reléguant son concurrent direct James Guy à une seconde pleine. En crawl, Nathan Adrian ne pouvait guère être inquiété, d’autant que comme pour conclure le relais 4x100m NL, il a été capable de sortir une grosse course (46.74 lancé, 0.21). Malgré un bon finish du jeune Scott Duncan, la Grande-Bretagne doit se contenter de l’argent à bonne distance. La troisième place est pour l’Australie, revenue in extremis accrocher une place sur le podium grâce à un nouveau retour miracle de Kyle Chalmers (46.72 lancé, 0.31).

L’équipe de France n’était pas de la fête. Elle n’avait pas passé le cap des séries la veille malgré des contributions très honnêtes de la part des quatre relayeurs (Camille Lacourt, Théo Bussière, Jérémy Stravius et Clément Mignon), preuve de l’extrême densification du haut niveau mondial.