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Nouvelle finale du 100m nage libre, nouveau coup de tonnerre dans le bassin olympique. Après la déconvenue de Cameron McEvoy, la même mésaventure est survenue à sa compatriote Cate Campbell. Mais cette fois-ci, pas d’autre Australienne pour rattraper le tir, puisque Bronte Campbell termine 4e.

Un podium sans aucune des sœurs Campbell apparaissait hautement improbable, d’autant plus après leurs très bonnes prestations au cours du relais 4x100m nage libre, au succès duquel elles avaient activement contribué. Les Australiennes arrivaient surtout avec les deux meilleurs performances mondiales de l’année : 52.06 (record du monde) pour Cate et 52.58 pour Bronte. La première nommée, en particulier, semblait hors de portée et l’aurait d’ailleurs été si elle avait pu nager proche de son niveau.

Après deux courses solides en série (52.78) et en demi-finale (52.71), chacune ponctuée d’un record olympique, Cate Campbell a fait le choix de partir extrêmement vite en finale. En 24.77 (un chrono de valeur mondiale sur 50), elle passe à mi-course plus rapidement que lors de son record du monde (24.89). On se dit alors que la barre des 52s pourrait bien tomber. Mais après un virage moyen et un troisième 25m plus difficile, Campbell s’écroule littéralement dans le dernier quart de la course, touchant 6e en 53.24.

Cette défaillance, conjuguée à celle moins spectaculaire de sa sœur Bronte (4e en 53.04), profite directement à deux Nord-Américaines : Simone Manuel (USA) et Penny Oleksiak (Canada) se partagent l’or en 52.70, nouveau record olympique. Ces excellentes performances chronométriques ne sont pas vraiment des surprises.

Manuel avait laissé une grosse impression en série et en demi-finale, donnant nettement la sensation de relâcher son effort dans les derniers mètres. Quant à Oleksiak, elle est parvenue à reproduire presque à la virgule près sa course des demi-finales, ce qui était néanmoins tout sauf chose aisée : placée à côté de Cate Campbell, la tentation était grande pour elle de partir trop vite sur le premier 50m, alors que sa force réside dans la fin de course. Évitant ce piège avec brio, elle a su rester dans son schéma habituel (7e en 25.70 à mi-course) et revenir progressivement. Une maîtrise qui ne peut qu’impressionner de la part d’une aussi jeune nageuse (elle est née en 2000), déjà médaillée sur 4×100 nage libre, 4×200 nage libre et 100 papillon sur ces Jeux (en attendant le 4x1004N ?).

Derrière les deux nouvelles championnes olympiques, Sarah Sjöström reste certes légèrement en retrait par rapport à sa meilleure marque (3e en 52.99) mais récolte une nouvelle médaille. Une bonne performance au vu de son programme très chargé. Sans passer à côté de sa course, la championne olympique en titre Ranomi Kromowidjodjo ne peut faire mieux qu’une 5e place en 53.08, à quelques centièmes seulement du chrono qui lui avait permis de l’emporter il y a quatre ans. Il faudra néanmoins compter avec elle sur 50m, autre épreuve qu’elle avait remportée à Londres en 2012 et sur laquelle la qualité de ses départs la rend toujours redoutable.