Un bilan sélectif de la sixième journée des championnats d’Europe de Londres 2016 (images : France Télévisions)

La course du jour : le 200m NL dames

 

Après le très beau relais 4x200m NL de jeudi, remporté par la Hongrie, on attendait avec impatience la finale de l’épreuve individuelle. Sarah Sjöström absente, Femke Heemskerk et Federica Pellegrini faisaient figure de favorites, avec Charlotte Bonnet en outsider.

Ce trio se détacha très rapidement, Heemskerk passant en tête à mi-course devant Bonnet et Pellegrini, sur des bases plutôt prudentes : 56.62 contre 55.82 à Kazan pour la Néerlandaise. Aux 150m, l’ordre n’avait pas changé et la Niçoise donnait même un temps l’impression de pouvoir revenir et disputer le titre. C’était sans compter sur la grosse dernière longueur (une de plus !) de Pellegrini, qui parvenait à coiffer Hemskeerk sur le fil. Le podium à l’arrivée : 1. Pellegrini, 1.55.93 ; 2. Hemskeerk 1.55.97 ; 3 Bonnet 1.56.58.

Comme Clément Mignon hier, Charlotte Bonnet décroche sa première médaille internationale dans une course individuelle. Le temps, à 5 dixièmes de son record, est excellent en pleine période de préparation pour les jeux. Elle tirera sans doute satisfaction de son ultime 50m, plus rapide qu’à Montpellier (29.63 contre 30.12). En outre, cette finale a une nouvelle fois permis de constater que sur le plan technique, elle n’avait absolument rien à envier à ses adversaires du soir (2e et 3e meilleures performeuses mondiales en 2015).

 

 

L’autre Français du jour : Mehdy Metella

 

Qualifié avec le 3e temps pour la finale du 100m papillon, Mehdy Metella avait fait part de son envie de bousculer Laszlo Cseh. Il n’y est pas parvenu, puisque le Hongrois s’impose facilement en 50.86, record personnel, meilleure performance mondiale de l’année et nouveau record des championnats. Metella prend finalement la troisième place en 51.70, derrière le tenant du titre Konrad Czerniak (51.22).

Il s’agit également pour le Marseillais d’une première médaille internationale dans une épreuve individuelle en grand bassin. Grand spécialiste de la seconde moitié de course, il est cette fois tombé sur plus fort dans ce domaine, puisque Cseh (26.72) et Czerniak (27.26) sont tous deux revenus plus vite que lui (27.33). Son chrono, à distance de son record (51.24), est néanmoins meilleur que celui qu’il avait réalisé à Montpellier. Un signe très encourageant dans la perspective des Jeux.

 

Autres perfs du jour

 

Deux autres nouveaux records des championnats ont été établis, sur deux épreuves qui ne seront pas disputées aux Jeux Olympiques :

hallsallLa Britannique Fran Halsall, spécialiste de nage libre, s’est aventurée avec succès sur le 50m dos. Elle l’emporte en 27.57, troisième meilleure performance mondiale de l’année. La Danoise Mie Oe. Nielsen (2e en 27.77), une nouvelle fois la plus efficace dans la nage, a été trop handicapée par sa coulée pour réaliser le doublé 50m/100m dos.

Doublé que réalise en revanche Boglarka Kapas, qui enlève le 1500m après son titre sur 800m. En 15.50.22, elle signe la meilleure performance mondiale de l’année mais reste loin du record du monde de Katie Ledecky (15.25.45 en 2015).

 

 

 

 

 

Les autres finales

 

En finale du 4x200m NL, derrière les Néerlandais, vainqueurs en 7.07.82, trois équipes se tiennent en trois centièmes. À ce jeu, c’est la Belgique (7.08.28) qui s’en sort le mieux, devant l’Italie (7.08.30) et une surprenante Pologne (7.08.31). La France prend la cinquième place (7.09.18), devant les champions du monde britanniques (7.10.73).

Quelques performances remarquables dans ce relais :

Vainqueur de l’épreuve individuelle, Sebastiaan Verschuren (1.45.47) se montre solide au moment d’apporter la victoire aux Pays-Bas.

Glenn Surgeloose (1.46.12) et Pieter Timmers (1.45.99) forment la base d’un relais belge très performant, comme attendu.

Gabriele Detti, tout récent champion d’Europe du 400m, conclut en beauté le relais italien d’un impressionnant 1.45.39.

Kacper Majchrzak (1.45.60) passe tout près d’apporter une médaille à la Pologne, dans la vague de Verschuren.

James Guy, champion du monde de la discipline en individuel comme en relais, signe le meilleur temps du quatuor britannique (1.45.64)

Côté français, si Lorys Bourelly était logiquement déçu par sa performance (1.49.38 au start), Yannick Agnel (1.46.25), Jordan Pothain (1.47.15) et Jérémy Stravius (1.46.40) sont parvenus à optimiser leur forme du moment.

 

Sur 200m dos, le Polonais Radoslaw Kawecki s’impose comme prévu en 1.55.98, en creusant l’essentiel de son avance grâce à la qualité de ses coulées. Il devance l’Israëlien Yakov Toumarkin (1.56.97) et le Lituanien Danas Rapsys (1.57.22).

Sur 50m brasse, Adam Peaty ajoute une nouvelle ligne à son palmarès avec un nouveau chrono largement sous les 27 secondes (26.66). La médaille d’argent revient au jeune spécialiste de l’ondulation embarquée Peter John Stevens (27.09), le bronze à Ross Murdoch (27.31) qui complète sa collection de médailles en brasse, après l’argent sur le 100m et l’or sur le 200m.

 

 

 

 

 

Les autres Français engagés

 

Florent Manaudou a négocié sans difficulté sa qualification en deux temps pour la finale du 50m NL. Après une série matinale anecdotique (22.18), il a survolé les demi-finales, signant un chrono impressionnant (21.64) alors même qu’il n’a pas semblé se livrer à 100% dans les derniers mètres. Ses challengers devront sortir la course de leur carrière pour espérer ne serait-ce que l’inquiéter en finale. Déception pour Frédérick Bousquet, qui ne s’est pas qualifié pour les demi-finales (20e en 22.75, son pire chrono sur la distance depuis 1972).

Sur la même épreuve chez les dames, très grosse satisfaction pour Anna Santamans, qui se qualifie en finale avec le troisième chrono (24.83), derrière les deux intouchables Fran Halsall (24.21) et Ranomi Kromowidjodjo (24.37). Pour monter sur la troisième marche du podium, il lui faudra néanmoins devancer demain une autre championne de renom, Jeanette Ottesen (24.93 en contrôle sur la fin de course), ce qui ne sera pas une mince affaire.

Marie Wattel (20e en 2.14.06) et Fantine Lesaffre (25e en 2.19.24) n’ont pas franchi le cap des séries sur 200m papillon.

 

 

La belle surprise : le 200m NL de Yannick Agnel

 

Yannick Agnel (Limoges, 2015)

Après avoir affiché des signaux de baisse de motivation ces derniers mois et frôlé la catastrophe aux championnats de France en ne se qualifiant qu’in extremis pour le 200m NL à Rio, nous avions mis à la corbeille nos posters de Yannick Agnel et renoncé au rêve de le voir conserver son titre olympique. Arrivé à Londres après trois semaines de stage en altitude en Espagne, le Mulhousien n’avait inscrit que le relais 4x200m NL à son programme.

Sa mise en jambes tout en contrôle le matin en séries a été plutôt convaincante (1.48.28), mais c’est surtout sa prestation en finale qui doit retenir l’attention. Parti dans les vagues des autres nageurs en position de deuxième relayeur, Yannick Agnel a bouclé son premier 100m en 51.08 (prise de relais 0.11), et pour la première fois depuis bien longtemps, il n’a pas flanché dans la seconde partie de course (temps final : 1.46.25), parvenant même à accélérer dans le dernier 50m bouclé en 26.98, soit environ une seconde plus vite qu’à l’occasion de la finale des N1 début avril.

Le champion olympique en titre du 200m NL semble avoir retrouvé un moral d’acier en vue des Jeux. Cette semaine, il a affirmé qu’il ne se contenterait pas de se rendre à Rio dans le rôle de « capitaine » du relais 4x200m NL, mais aussi avec l’ambition de défendre son titre en individuel.