Un bilan sélectif de la quatrième journée des championnats d’Europe de Londres 2016 (images : France Télévisions)

 

La course du jour : le 4x200m NL dames

 

Le 4x200m, dernière épreuve de la journée, a offert un magnifique spectacle, même si les chronos demeurent logiquement en retrait par rapport à ceux des derniers championnats du monde – et, à n’en pas douter, ceux des prochains Jeux Olympiques. La Suède avait une nouvelle fois décidé d’abattre sa carte maîtresse d’entrée en confiant à Sarah Sjöström le soin de lancer son relais. Au couloir n°1, Sjöström a fait admirer sa grande maîtrise technique et a touché très largement en tête en 1.55.30, nouveau record des championnats d’Europe. L’année passée, à Kazan, dans la même configuration, elle avait bouclé la distance en 1.54.31, un chrono qui lui aurait largement offert l’or si elle s’était alignée en individuel. En 2016, elle fait partie des trois nageuses qui sont déjà descendues sous les 1.55., en compagnie de l’Américaine Katie Ledecky et de l’Australienne Emma McKeon.

Les Britanniques, grâce aux deux relais solides de Jazmin Carlin (1.57.83 au start) et de la spécialiste de 4N Siobhan-Marie O’Connor (1.57.46) sont rapidement revenues sur les Suédoises et ont basculé en tête à la mi-course. Mais après le relais moyen d’Hannah Miley (2.00.04), les hôtes laissaient filer Katinka Hosszu (1.56.65) et la Hongrie vers la victoire, tandis qu’une intense bataille faisait rage pour les places sur le podium. L’Espagne, l’équipe la plus homogène, décrochait de justesse la deuxième place grâce à Mireia Belmonte-Garcia (1.57.85). Femke Heemskerk, auteur d’un énorme dernier relais (1.55.16), amenait les Pays-Bas de la sixième place jusqu’à la troisème marche du podium. La Grande-Bretagne et la Suède, longtemps en tête, terminent respectivement à la quatrième et sixième place. Entre ces deux nations, l’Italie, avec Federica Pellegrini qui cette fois-ci n’aura pas pu produire de miracle (1.56.38). On attend le 200m de ces championnats avec impatience !

Enfin, le relais belge, qui avait privé ce matin les Françaises de l’accession en finale pour un petit centième, prend une très belle 7e place en améliorant largement le record de Belgique (8.02.67). Lotte Goris, l’une des deux nageuses du quatuor née en 2000, signe un très bon 1.59.26 lancée. A l’addition des quatre meilleures performances par nation sur la distance, la Belgique pointe au 16e rang mondial, synonyme de qualification provisoire pour les Jeux, en attendant la date butoir du 1er juin.

 

 

Les perfs du jour

 

Pas moins de 4 records des championnats d’Europe sont tombés aujourd’hui :

Katinka Hosszu poursuit sa moisson avec l’or du 200m 4N, l’une des sept médailles hongroises de la soirée ! En 2.07.30 (meilleure performance mondiale de l’année), elle devance de près de deux secondes sa dauphine, Siobhan-Marie O’Connor (2.09.03), qui signe la troisième meilleure performance mondiale de l’année, et de plus de quatre la troisième, Hannah Miley (2.11.84). On voit mal qui pourrait l’embêter à Rio.

Sur 100m dos, l’« Iron Lady » a en revanche dû céder face à Mie Oe. Nielsen, qui l’emporte en 58.73, soit mieux que les 58.86 qui avaient permis à la Danoise de décrocher le bronze à Kazan.

Triple championne du monde de la discipline, dont elle détient le record du monde (55.64), Sarah Sjöström a signé 56.12 dès les demi-finales du 100m papillon, devançant largement Jeanette Ottesen (57.38 dans l’autre demi). À noter le retour au premier plan d’Ilaria Bianchi, troisième temps en 57.47, à tout juste vingt centièmes de son record d’Italie, qui lui avait permis de prendre la cinquième place de la finale olympique il y a quatre ans.

Enfin, Laszlo Cseh s’est très largement imposé en finale du 200m papillon en 1.52.91, meilleure performance mondiale de l’année et mieux que les 1.53.48 avec lesquels il était devenu champion du monde l’année passée.

 

 

 

 

 

 

Les autres finales

 

Le 800m féminin a été enlevé par la Hongroise Boglarka Kapas en 8.21.40. Il s’agit de la troisième meilleure performance mondiale de l’année, mais à des années lumières du supersonique 8.06.68 de l’Américaine Katie Ledecky.

Rude bataille en finale du 200m brasse masculin entre Ross Murdoch (2.08.33) et Marco Koch (2.08.40). Alors que Murdoch semblait avoir course gagnée, il a vu fondre sur lui l’Allemand dans la dernière longueur mais est néanmoins parvenu à garder l’avantage à la touche.

 

 

 

 

 

Le Français du jour : Camille Lacourt

 

En remportant le 50m dos, Camille Lacourt a décroché son deuxième titre européen de la semaine (le quatrième au total en individuel). Après son sacre mardi sur la distance supérieure, on se disait que le plus difficile avait été fait, puisque le Marseillais a toujours été plus à l’aise sur l’aller simple. Ce ne fut pourtant pas une formalité, Lacourt (24.77) devançant finalement de quelques petits centièmes Richard Bohus (24.82) et Grigory Tarasevich (24.86). Le Polonais Tomasz Polewka, deuxième temps des demi-finales et une nouvelle fois auteur d’une coulée impressionnante, se crispe et termine  7e en 25.03, ex-aequo avec le Roumain Robert Glinta.

 

 

 

 

 

Les autres Français engagés

 

Marie Wattel (Montpellier, 2016)

C’est aujourd’hui que les sprinters entraient en lice avec les séries et demi-finales du 100m NL. Trois nageurs français était engagés, mais seuls deux d’entre eux pouvaient passer le cap des séries comme l’exige le règlement. Mehdy Metella est donc resté à quai malgré une course correcte (11e en 49.15), devancé par ses deux compatriotes : Jérémy Stravius (6e en 48.82) encore en rodage et Clément Mignon (premier des séries en 48.40) qui confirme les bonnes impressions laissées en relais. En demi-finales, les deux représentants tricolores ne sont pas parvenus à accélérer, mais ils ont assuré l’essentiel, leur place pour la finale de vendredi.

Après deux bonnes courses en début de semaine et notamment un record personnel sur 1500m NL mercredi, Joris Bouchaut s’alignait aujourd’hui en séries du 800m NL avec l’ambition de se qualifier pour la finale. L’objectif est atteint, puisque le Toulousain s’élancera demain avec le septième temps des finalistes (7.54.41).

Marie Wattel disputait pour sa part le 100m papillon. En dépit du stress, elle est parvenue à se qualifier pour les demi-finales le matin (10e en 59.15). Le soir, malgré un premier 50m très convaincant, elle n’a pas eu les moyens de se mêler à la lutte avec les meilleures sur le retour (15e en 59.27). A la sortie de l’eau la déception prédominait chez la Niçoise puisque la finale paraissait chronométriquement accessible.

Plus tôt dans la matinée, Fanny Deberghes avait déclaré forfait pour les séries du 200m brasse. Elle ressent depuis son 100m brasse de mardi des douleurs au niveau des adducteurs. En concertation avec le staff, il a été décidé de la laisser au repos en vue du relais 4N de ce weekend.

 

 

 

 

La déception du jour : le relais 4x200m NL français féminin

 

4X200frFDans le but de préserver Charlotte Bonnet, en quête d’une première médaille internationale individuelle sur 200m NL à partir de vendredi, le staff de l’équipe de France avait décidé de laisser la Niçoise au repos pour les séries du relais 4x200m NL. Coralie Balmy absente cette semaine à Londres, se sont donc présentées derrière le plot ce matin Margaux Fabre, Cloé Hache, Camille Gheorghiu (respectivement 3e, 4e et 5e des derniers championnats de France à Montpellier), ainsi que Mathilde Cini, pourtant complètement inexpérimentée sur la distance (record personnel enregistré 2.06.33 datant de… 2009). Oui mais voilà, le staff n’avait pas d’autre solution de substitution à Charlotte Bonnet : Lara Grangeon n’était déjà plus sur place, Fantine Lesaffre pas encore arrivée, Marie Wattel occupée sur 100m papillon.

Le hic, c’est qu’à l’issue des séries l’équipe de France reste aux portes de la finale pour un malheureux centième de seconde, avec le neuvième chrono, à un ongle de la Belgique. L’échec n’est certainement pas à mettre sur les épaules de Mathilde Cini, de loin la plus lente des relayeuses, mais qui améliore au passage officieusement sa meilleure marque (2.04.39), ni même sur celles de Cloé Hache, Margaux Fabre ou Camille Gheorghiu, assez loin de leurs standards chronométriques ; les deux premières nommées sont en pleine préparation pour les Jeux et l’on sait combien l’épreuve du 200m peut être délicate lorsque la forme n’est pas optimale. Si l’on peut émettre une critique, elle s’adresse avant tout au staff, qui a joué avec le feu en alignant une équipe considérablement affaiblie en l’absence de sa leader, et qui a perdu son pari.

Retenons tout de même un point positif dans cette histoire : Charlotte Bonnet arrivera plus reposée que ses adversaires pour disputer le 200m NL individuel, puisque cette élimination prématurée lui a épargné une course supplémentaire en finale du relais.