Un bilan sélectif de la troisième journée des championnats d’Europe de Londres 2016 (images : France Télévisions)

 

La course du jour : le 1500 NL messieurs

 

On savait Grégorio Paltrinieri en forme, puisqu’il avait réalisé 14.46.81 dès les séries. Le champion du monde en titre a très vite annihilé tout suspense en finale, faisant disparaître les autres concurrents du champ de la caméra. En avance de bout en bout sur son propre record d’Europe, établi à Kazan l’été dernier, il touche en 14.34.04. Il s’agit de la deuxième meilleure performance mondiale de tous les temps derrière les 14.31.02 de Sun Yang il y a quatre ans en finale olympique, dans ce même bassin. La course du champion italien est d’une régularité métronomique puisqu’il a nagé tous les 50m (à l’exception du premier et du dernier) dans un temps compris entre 29.03 et 29.46 (20 d’entre eux entre 29.20 et 29.40).

Son style est tout à fait caractéristique : une utilisation minimale des jambes (ce qui n’est pas rare en demi-fond, bien que moins fréquent qu’auparavant) alliée à un important déséquilibre sur le mouvement des bras, à la manière de ce que font nombre de nageurs de 200m/400m, mais qui eux s’appuient sur un fort battement pour s’équilibrer ! Une telle nage doit demander une capacité de gainage exceptionnelle, d’autant plus que la fréquence que tient Paltrinieri sur l’ensemble de la course est très élevée. Le voilà plus que jamais favori pour le titre olympique. Affûté, il pourrait bien menacer le record du monde à Rio.

Derrière lui, son partenaire d’entraînement et tout récent champion d’Europe du 400m, Gabriele Detti, décroche l’argent dans l’excellent chrono de 14.48.75, non loin de son record personnel. Le jeune Ukrainien Mykhaylo Romanchuk, finaliste mondial l’année passée, complète le podium en 14.50.33, record personnel pulvérisé de plus de 7 secondes. Suivent Gergely Gyurta, Jan Micka et Wojciech Wodjak, tous sous les 15 minutes. Assurément la course la plus relevée depuis le début de ces championnats.

 

 

Les perfs du jour

 

La Danoise Mie Oe. Nielsen signe deux records des championnats d’Europe dans la même journée sur 100m dos, en nageant 59.26 dès les séries le matin, puis 59.16 en demi-finale le soir. En séries, Katinka Hosszu avait elle aussi nagé en-dessous du précédent record des championnats (59.38). A noter en demi-finale le chrono de la jeune Britannique Kathleen Dawson (59.83) dont le temps de référence avant la compétition n’était que de 1.00.70.

Sur 200m papillon, Laszlo Cseh établit lui aussi un nouveau record des championnats d’Europe à l’occasion des demi-finales en 1.54.29, un temps très intéressant à ce stade de la saison dans le perspective des Jeux où il visera le titre olympique sur cette distance. En vue de la finale de demain, notons les performances du jeune Hongrois Tamas Kenderesi dès les séries (1.54.79) et du Danois Viktor Bromer en demi-finale (1.55.28).

Katinka Hosszu avait aujourd’hui un programme chargé avec les séries et demi-finales du 100m dos et du 200m 4N. Sur cette épreuve, malgré une grosse marge, comme à son habitude, elle n’a pas semblé beaucoup s’économiser, puisqu’elle boucle la distance en 2.08.60 (personne au monde à part elle n’a nagé aussi vite en 2016). Demain en finale, elle devrait s’adjuger un nouveau titre européen, même si elle devra se méfier de la Britannique Siobhan-Marie O’Connor très convaincante aujourd’hui en 2.10.17.

Sur 100m NL, la Suédoise Sarah Sjöström remporte une troisème couronne européenne consécutive en passant une nouvelle fois facilement sous la barre des 53 secondes (52.82), avec notamment un retour tonitruant (27.02 sur le 2e 50m). Elle devra toutefois nager encore plus vite à Rio, un petit 52s, pour inquiéter les Australiennes et espérer remporter le titre olympique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les autres finales

 

Sur 100m brasse, Ruta Meilutyte la championne olympique et du monde remporte le seul titre majeur qui manquait à son palmarès. Partie sur des bases très rapides, elle a coincé dans les derniers mètres de la course, ne l’emportant qu’à la touche après le superbe retour de l’Islandaise Hrafnhildu Luthersdottir (1.06.17 contre 1.06.45).

La finale du 200m NL messieurs a tenu toutes ses promesses. Sebastiaan Verschuren impressionnant la veille en demi-finale l’emporte au bout d’une dernière ligne droite pleine de suspens (1.46.02), devançant sur le fil Velimir Stjepanovic (1.46.26), le champion d’Europe en titre. A domicile, le champion du monde 2015 James Guy, qui avait un temps paru en mesure de s’imposer, ne termine que 3e (1.46.42).

La course au titre paraissait très ouverte en finale du 200m 4N du fait de l’absence de Laszlo Cseh, mais le Grec Andreas Vazaios a dominé son sujet de la tête et des épaules, en creusant un écart conséquent dès le parcours de dos. Son chrono (1.58.18) le place à la 9e place des bilans mondiaux 2016, en tête du classement européen.

 

 

La Française du jour : Charlotte Bonnet

 

Charlotte Bonnet et Fabrice Pellerin (Limoges, 2015)

Charlotte Bonnet a pris la quatrième place d’une finale du 100m NL particulièrement relevée, derrière Sarah Sjöström (vice-championne du monde de la discipline), Ranomi Kromowidjodjo (championne olympique) et Femke Heemskerk (finaliste mondiale et troisième meilleure performeuse de l’année 2015).

Avec ses 54.01, elle réalise la 4eme meilleure performance de sa carrière, tout près de son record personnel (53.93 à l’occasion des derniers championnats de France). Partie plus lentement qu’à Montpellier (26.21 contre 26.08), elle est par contre parvenue à effectuer un bon retour (27.80) et a un temps donné l’impression de pouvoir revenir sur Heemskerk dans les dernières longueurs. Une performance solide en période de préparation pour la chef de file de la natation féminine française, dont la spécialité demeure la distance supérieure. Le rendez-vous est pris pour samedi en finale du 200m NL.

 

 

Les autres Français engagés

 

Peu de Français engagés en cette troisième journée de compétition.

Camille Lacourt abordera la finale du 50m dos avec le meilleur temps des demi-finales (24.79), en ayant assez clairement contrôlé sur les derniers mètres. Benjamin Stasiulis n’a pas passé le cap des séries (25.93, 18e).

Élimination en série également pour Paul Lemaire, qui a pris la 28e place du 200m papillon en 2.00.63, à bonne distance de son record personnel (1.58.17). Guère plus de réussite sur 100m dos pour Camille Gheorghiu (1.02.11, 20e) et Mathilde Cini (1.04.08, 39e).

 

 

 

La belle surprise : Nicolas D’Oriano aux commentaires sur France Télévisions

 

Une fois n’est pas coutume, la belle surprise du jour n’a pas eu lieu dans le bassin mais sur l’antenne de France Télévisions pendant la retransmission des courses du soir en direct. A l’occasion de la finale du 1500m NL messieurs, le journaliste Alexandre Boyon avait convié Nicolas D’Oriano, qualifié aux Jeux sur la distance mais éliminé la veille en séries, pour l’accompagner aux commentaires de la course.

Une bien belle idée qu’il serait judicieux de renouveler tant le jeune Toulousain, 19 ans seulement, a fait preuve d’aisance, de clarté et de pertinence lors de chacune de ses prises de parole, reléguant bien involontairement au second plan les analyses plus banales de la consultante vedette habituelle. On en redemande.