Sélections olympiques

 

Alors que seuls 6 nageurs avaient réalisé les minimas requis pour se qualifier directement aux Jeux en individuel selon les critères posés par la Fédération Française de Natation (ainsi que 4 nageurs qualifiés au titre des relais), le Directeur Technique Nationale (DTN), Jacques Favre, a annoncé mercredi soir en conférence de presse que la liste des sélectionnés olympiques était élargie. 10 nageurs ont ainsi été ajoutés à la liste des qualifiés en individuel à Rio (dix nageurs ayant réalisé les temps de qualification olympiques imposés par la FINA). De plus, 8 autres nageurs ont été retenus dans l’optique d’optimiser les performances des relais (ceux-ci ne pourront en aucun cas nager en individuel). Si nos additions sont exactes, la délégation olympique de la natation course française comptera au mois d’août prochain dans ses rangs pas moins de 28 nageurs (12 filles et 16 garçons), dont 19 devraient nager en individuel (8 filles et 11 garçons).

Ce dénouement peut paraître surprenant. Ces dernier mois la FFN par la voix de son DTN n’avait eu de cesse de mettre en avant son exigence envers les nageurs, en mettant notamment en place des modalités de sélection particulièrement relevés. Les championnats de France terminés, elle a finalement radicalement changé d’optique puisque tous les nageurs qui s’étaient rapprochés des critères de sélection en réalisant les temps de qualification olympique imposés par la FINA ont été officiellement repêchés (le règlement prévoyait la possibilité de repêcher au maximum 6 filles et 6 garçons ayant réalisé les temps FINA).

Qui nagera quoi aux Jeux olympiques de Rio au mois d’août ? Récapitulatif de la liste des sélectionnés en quelques tableaux (sous réserve de validation par la Commission consultative des sélections olympiques à l’issue des Championnats d’Europe le 7 juin 2016).

 

Dans ces tableaux, il convient bien entendu de relativiser le rang FINA 2016 des nageurs français, puisque bien des pays n’ont pas encore disputé leur championnat national qualificatif pour les Jeux.

(*) La performance réalisée en 2015 classait la nageuse au-delà de la centième place mondiale sur cette épreuve.

(**) Les compositions des relais « 4 nages » inscrites ici sont purement spéculatives et basées sur les performances réalisées par les nageurs sélectionnés lors des Championnats de France 2016. 

Suite à l’annonce de la liste élargie par le DTN, on a entendu certains journalistes crier sans nuance au « scandale », arguant qu’en « s’asseyant sur les règles qu’elle s’était elle-même fixées », la FFN se couvrait de « ridicule », se contraignant par là même à amener aux Jeux de nombreux nageurs qui n’auraient « pas le niveau requis pour bien y figurer ». Dans certains médias, des devins établissent déjà dans leurs éditoriaux des parallèles hasardeux avec le fiasco sportif des JO d’Atlanta de 1996 dont l’équipe de France de natation était rentrée bredouille. Ces raccourcis journalistiques nous semblent bien inappropriés.

S’il est vrai qu’il sera difficile de faire aussi bien qu’à Londres en 2012 (4 titres, cru exceptionnel), la natation française à tout de même encore de beaux atouts à faire valoir sur la scène internationale (voir aussi les tableaux ci-dessus). Florent Manaudou et Camille Lacourt sont au sommet de leur art dans leurs disciplines favorites respectives, Jérémy Stravius n’a probablement pas encore atteint son apogée en nage libre, Coralie Balmy retrouve une seconde jeunesse, Charlotte Bonnet, Clément Mignon, Mehdy Metella semblent arriver à maturité au bon moment, et nos deux relais nage libre masculins déjà multiples médaillés internationaux ont rarement semblé aussi compétitifs. Ajoutons à cela la présence dans le groupe de nombreux nageurs en nets progrès dont il aurait été bien dommage de se passer tant il est difficile de cerner leurs limites (Jordan Pothain, Anna Santamans, Lara Grangeon, Béryl Gastaldello, Fantine Lesaffre, Damien Joly, ou encore Nicolas D’Oriano, pour n’en citer que quelques-uns), sans oublier les cadres expérimentés, dont on ne mesure pas nécessairement de l’extérieur l’importance qu’ils ont au sein du collectif en terme d’apport psychologique auprès des plus jeunes (Frédérick Bousquet, Fabien Gilot et Grégory Mallet).

On a beau chercher, on ne voit aucun « touriste » se cacher dans cette liste. Tous les nageurs sélectionnés semblent parfaitement en mesure, dans la logique de leur progression ou sur la base de leurs performances de ces derniers mois, d’accéder au moins aux demi-finales olympiques ou d’optimiser les résultats des relais. Quoi qu’il en soit, on peut compter sur eux pour s’investir à 100% dans leur préparation et arriver à Rio dans les meilleures dispositions possibles dans quatre mois. Après pas mal d’errements, le DTN a eu le bon réflexe de réviser son niveau d’exigence.

Ce n’est donc pas la présence de ces 28 nageurs aux Jeux qui est discutable ou qui doit faire polémique, ils méritent tous leur place, mais bien l’absence de cohérence et de stratégie de long terme de la FFN concernant la préparation des nageurs en vue de l’échéance olympique. Les minimas directement qualificatifs étaient tellement relevés et le règlement des repêchages si flous et soumis à interprétation qu’aucun athlète, pas même un médaillé mondial, n’a pu préparer sa saison de manière totalement tranquille, l’esprit focalisé sur ce qui devrait être le seul objectif réel de son année sportive, les Jeux Olympiques.

Il n’y avait qu’à voir l’état de décontraction avec lequel Jérémy Stravius, qualifié officiellement pour les Jeux depuis l’avant-veille, a nagé sa finale du 100m papillon le dernier jour des championnats de France, pour se rendre compte qu’un nageur mis dans de bonnes dispositions psychologiques réussit nécessairement mieux qu’un nageur évoluant dans un environnement stressant où règne l’indécision. Or c’est bien dans ce type d’environnement que la majorité des nageurs ont été contraints de baigner toute la semaine, un environnement qui ne favorise pas la pleine expression des potentiels de chacun. Puisse la FFN en tirer des enseignements et réfléchir à d’autres modalités de sélection pour les futures échéances internationales.


Au mois de mai prochain se dérouleront à Londres les championnats d’Europe de natation. L’ensemble des qualifiés olympiques en individuel sont sélectionnés pour cet événement, mais il est possible que certains décident de faire l’impasse pour donner priorité à l’entrainement à quelques semaines des Jeux.

A noter également que dix nageurs qui ne sont pas parvenus à se qualifier individuellement pour les Jeux pourront nager aux championnats d’Europe en individuel grâce à leurs performances réalisées pendant les N1 :

  • Joris Bouchaut (800m NL)
  • Lorys Bourelly (200m NL)
  • Mathilde Cini (50m dos, 100m NL)
  • Camille Gheorghiu (100m dos, 200m dos)
  • Fabien Gilot (100m NL)
  • Paul Lemaire (200m papillon)
  • William Meynard (100m NL)
  • Ganesh Pedurand (200m 4N)
  • Giacomo Perez Dortona (50m brasse)
  • Benjamin Stasiulis (100m dos, 200m dos)

Pour ces nageurs, les championnats d’Europe seront la dernière opportunité de venir éventuellement chambouler la hiérarchie en vue de la composition des relais olympiques.


Du côté des plus jeunes 

 

14 nageurs (6 filles et 8 garçons) se qualifient en individuel pour les Euros junior qui se tiendront à Hodmezovasarhely en Hongrie début juillet 2016 :

  • Christophe Brun (200m dos)
  • Océane Cassignol (200m NL)
  • Alexandre Derache (100m NL)
  • Joana Desbordes (100m NL)
  • Cyrielle Duhamel (200m dos, 200m 4N et 400m 4N)
  • Logan Fontaine (800m NL)
  • Roman Fuchs (200m NL)
  • Samy Helmbacher (400m 4N)
  • Nolwenn Hervé (100m brasse)
  • Stanislas Huille (50m dos)
  • Pauline Mahieu (100m dos et 200m dos)
  • Léa Marchal (800m NL)
  • Rémi Meresse (200m NL)
  • Maxence Orange (200m dos)

 

 

A signaler également, les sept MPF par catégorie d’âge réalisées pendant les championnats :

  • Lou-Anne Barniet (1500m NL, 17.28.00, MPF 14 ans)
  • Cyrielle Duhamel (400m 4N, 4.47.78, MPF 16 ans)
  • Hugo Grandjean (200m papillon, 2.03.84, MPF 16 ans)
  • Maxime Grousset (50m papillon, 24.85, MPF 17 ans)
  • Stanislas Huille (50m dos, 26.25, MPF 17 ans) et (100m dos, 56.45, MPF 17 ans)
  • Adrien Musart (200m dos, 2.13.04, MPF 14 ans)